Des différents sens d'un texte
Avant propos
Qu'il s'agisse de théologie, de poésie de peinture ou d'autres formes d'expression Il existe plusieurs façon de lire une œuvre. Globalement on peut comprendre un texte de deux façons :
- Au sens littérale
- Au sens figuré
La Bible nous donnent de bon exemples de textes avec un sens figuré au travers des prophéties et des paraboles. Les prophéties sont souvent difficiles à comprendre car sous forme métaphorique comme l'Apocalypse de Jean très imagé. De même les paraboles, sont elles souvent beaucoup plus explicite et explique une idée de manière indirect. La lecture des Evangiles offre un bon entrainement de l'esprit pour mieux comprendre ces concepts grâce aux explications de Jésus Christ sur les paraboles.
Le Pardès
Selon les kabbalistes il existe 4 niveaux de lecture d'un texte appelait Pardès (verger, jardin) par lequel dérive le mot édénique "paradis" :
- Le Pchat (Peshat) est le sens littéral du texte qui peut être accompagné de commentaire pour donné une précision sur le contexte par exemple
- Le Remez, le sens allusif.
- Le Drach (Derash) est le sens figuré, ce que l'on peut faire dire au texte en s'aidant des maitres du Talmud et du Midrach. Drach signifie littéralement "exiger". Il est "exigé" du texte une interprétation quelques fois éloignée du sens premier mais jugé nécessaires par les maitres en Torah.
- Sod qui correspond au sens secret, à la Kabbale.
D'apres le Ramhal pour discerner une idée il faut comprendre sa place dans le contexte général. Lorsque l'on réfléchie au sens littéral et figuré on s'aperçoit alors qu'il peut exister différents niveaux de compréhension. Niveaux de compréhension qui sont des concepts. Et pour comprendre un concept il faut le comprendre par rapport à l'ensemble des concept (tel que décrit par le Pardès). Il s'agit ensuite de comprendre si le concept est un principe ou un détails, la cause ou l'effet, le sujet ou le complément. Dans le cas ou le concept est un détails on essaiera de trouver le principe. Si c'est une cause on s'attelera à trouver les effets et vis versa. Un concept peut perdre son sens si on l'attribue à un sujet qui ne lui correspond pas, hors de son cadre. Le Ramhal fait aussi allusion à des méthodes d'analyse grammairiennes qui perdent en pertinence dès lors que le texte n'est plus dans sa langue d'origine.
De ma compréhension
Je n'ai pas était initié à la Kabbale et je n'ai fais aucune école
théologique. Je ne ferai donc pas référence à ces 4 niveaux de
lectures et je me cantonnerai aux simples sens figuré et littérale
lors de mes analyses. Il existe selon moi deux problèmes principaux
dans l'étude de la Bible liés aux différentes façon de lire et
concevoir un texte (et donc au Pardès) qui nécessitent de prendre
des précautions quant à la foi que l'on apporte dans
l'interprétation d'autrui.
Premièrement certains rabbins et hommes d'Eglise se
perdent dans des explications trop éloignées, trop allégoriques de
certains texte, des explications qui se veulent du Sod (du secret),
explications Kabbalistiques qu'il est à la fois difficile de réfuter
comme de confirmer. Des explications qui peuvent parfois être
dangereuses, non seulement si elles sont mal comprises mais surtout
s'il s'avérait qu'elles soient erronées. On peut comparer cela à une
personne versée dans les arts visuels faisant l'analyse d'un
tableau. Elle y décrit beaucoup de choses et traduit ce qu'elle voit
par beaucoup d'allégories essayant de capter ce que l'auteur à voulu
montré mais sans y arrivé. Elle extrapole beaucoup, elle s'emporte
dans sa prose et s'écoute parler. Peut être que l'auteur n'avait pas
du tout l'intention qu'elle lui prête. Cette comparaison que
beaucoup d'entre nous avons pu avoir, dans des musées, à l'école ou
ailleurs me fait penser à ce que certains rabbins et pasteurs
peuvent faire en s'écartant trop du sujet.
De plus certains rabbins et hommes d'Eglise prennent les
commentaires de certains érudits célèbres pour paroles d'or. Ce qui
peut être dangereux. Tout homme est sujet à l'erreur. Nous pouvons
considérer que le Bible est parfaite, pas les commentaires. De ce
fait se baser trop fortement sur les idées d'une personne extérieur
à la parole révélée peut amener à un effet pyramidale d'erreur. Un
tel à dit ceci, donc me basant sur lui j'en déduis cela. Mais si la
base de la pyramide est fausse alors à mesure que l'on développe une
idée on s'éloignera de plus en plus de la vérité. Bien sûr ils n'ont
pas entièrement tort dans leur manière de procéder. Je ne peux que
m'incliner devant la profondeur des connaissances mystiques de
certains érudits.
Ce qui amène au deuxième point: La tendance à soit
prendre un texte de manière trop littéral, soit de manière trop
figuré au point parfois de ne plus croire qu'il soit possible qu'il
définisse une réalité au sens propre. Prenons l'exemple de l'arbre
de la connaissance du bien et du mal dont le fruit a été mangé par
Eve et qui mérite tout un article à lui seul. Il est nous est permis
de penser, fortement, qu'ici l'arbre a un sens figuré.
L'interprétation est aussi possible au sens propre, et il est
possible de faire cohabiter le sens propre avec celui figuré.
Cependant dans ce cas précis je ne pense pas qu'il soit possible de
faire seulement interprétation au sens propre du texte. Le sens
figuré DOIT exister, et existe dans ce passage. L'allégorie est bien
trop forte pour qu'il ne s'agisse que d'un arbre (qui au passage
n'est pas un pommier d'après les textes).
Prenons maintenant l'exemple des géants antiques. Il est possible de
prendre le concept de géant au figuré : des hommes géants
spirituellement et il serait probablement inexacte de l'ignorer.
Mais la encore il y a un sens bien trop fort pour que le concept ne
soit que d'un penchant. Les géants étaient littéralement géants de
taille. Tel que dit dans la Bible :
Deutéronome 3:11
Og, roi de Basan, était resté seul de la race des Rephaïm. Voici, son lit, un lit de fer, n'est-il pas à Rabbath, ville des enfants d'Ammon? Sa longueur est de neuf coudées, et sa largeur de quatre coudées, en coudées d'homme.
Soit plus ou moins 4m de long pour 1.7m de large. Un lit monoplace
pour géant. Il y a aussi le fameux passage de David contre Goliath
et bien d'autres passages dans la Bible et y compris dans les livres
apocryphes.
En conclusion il facile pour un novice de se perdre lors de
l'apprentissage de la Bible et de même les initiés passent souvent à
côté de certains passages qui peuvent apparaître comme minime mais
qui sont d'une grande importance. Il faut du discernement, de la
patiente et de l'assiduité dans l'étude pour se familiariser petit à
petit avec la bonne façon de lire la Bible (dont je ne déclare pas
être le détenteur). Il faut se remettre en question, soit même et sa
logique afin de tester nos arguments un peu comme lors d'un
protocole scientifique. Un texte qui nous apparaissait obscur peut
après un temps nous apparaître plus clair voir complétement limpide.
Demandons un esprit de compréhension et de sagesse afin d'avoir les
yeux et le cœur ouvert à recevoir la parole.
Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures.
Luc 24:45